ESSAI DE BIBLIOGRAPHIE

 

COMMENTÉE

 

 

 

 

 

Ouvrages et articles consacrés à Henri-Frédéric AMIEL

 

 

 

 

B. Classement chronologique

 

 

(Etat au 16 février 2003)

 

 

 

 

 

Trois sources alimentent cette bibliographie : les ouvrages consultés (reconnaissables à leur notice bibliographique complète, y compris le format et le nombre de pages), les ouvrages signalés dans divers essais et les bibliographies (celle de Ursula Schöni 1972 n'est pas encore reprise entièrement dans les pages qui suivent).

 

Rectifications, remarques et ajouts sont les bienvenus : cliquez ici pour nous en faire part. Ils seront intégrés lors de la prochaine mise à jour.

 

Louis Vannieuwenborgh

 

 

 

 

1882   Scherer, Edmond, « Henri-Frédéric Amiel, 1821-1881 », in Fragment d’un Journal intime, tome I, Genève, Georg, 12 x 19, pp. IX-LXXV.

                                   Le Journal intime a été un succès de librairie durant quarante ans ; l’étude de Scherer, critique au Temps et ami d’Amiel, a été, à cet égard, déterminante. Elle est divisée en six parties, sans titres : I. (esquisse biographique et souvenirs personnels) ; II. (parallèle avec Maine de Biran, Maurice de Guérin, Sénancour; la réimplication) ; III. (martyr de l’idéal) ; IV. (inaction, lucidité et désespérance) ; V. (pessimisme) ; VI. (religion).

 

   "       Caro, Elme, "La maladie de l'Idéal d'après les confessions d'un rêveur", Revue des Deux Mondes, 15 février, pp. 798-816.

                                   L’un des premiers à s'exprimer parmi les critiques les plus écoutés, Caro analyse le volume I des Fragments d'un journal intime qui venait de paraître. Le titre de l'article résume les réserves du critique, partagé entre l'attrait pour une vie dédiée à la pensée et la sanction morale qu'entraîne le renoncement à l'action.

 

1884   Renan, Ernest, "Henri-Frédéric Amiel", Journal des Débats, 30 septembre et 7 octobre (repris dans Feuilles détachées, Calman-Lévy, 1887, 18,5 x 12, pp. 355-400).

                                   Répondant à la question d’Amiel : « Qu’est-ce que M. Renan fait du péché ? », E.R. critique les philosophies pessimistes et propose un scepticisme ironique et amusé.

 

   "       Caro, Elme, "Les dernières années d'un rêveur", Revue des Deux Mondes, 10 octobre, pp. 530-551.

                                   Article paru après la parution du second volume de la première édition du Journal d'Amiel.

 

1885   Bourget, Paul, "Henri-Frédéric Amiel", in Nouveaux Essais de Psychologie contemporaine, (1883, Essais de Psychologie contemporaine; 1885, Nouveaux Essais de Psychologie contemporaine, dans lesquels paraît l'étude sur Amiel; 1889, parution de l'édition (presque) définitive des deux volumes, avec de nouveaux appendices, sous le titre Essais de Psychologie contemporaine; l'édition, définitive revue et augmentée d'appendices, parue chez Plon, utilisée ici, dont le tome second s'achève avec l'étude sur Amiel, pp. 255-297, a été imprimée en 1933).

                                   Critique attentive d'un "auteur de décadence" qui s'est "créé une prose composite et à demi barbare, destinée à noter des nuances de l'âme d'une extraordinaire complication".

 

1886   Vadier, Berthe, Henri-Frédéric Amiel, étude biographique, Fischbacher, 13 x 20, pp. 288.

                             On doit cette biographie à la rivalité – qui ne prit fin qu’à leur vieillesse - des deux dernières amies d’Amiel : Fanny Mercier édita le Journal, B.V. fit paraître cette vie d'Amiel. Si le ton hagiographique peut agacer, ce témoignage de première main n'en reste pas moins indispensable.

 

   "       Brunetière, Ferdinand, "Henri-Frédéric Amiel", Revue des Deux Mondes, 1er janvier, pp. 214-224.

                                   Après la parution de la biographie d'Amiel par Berthe Vadier, Brunetière, agacé par "l'hypertrophie du moi" et le succès obtenu par le Journal intime, pique une colère de coq fort divertissante (Thibaudet). Contrairement à Caro, il ne voit nullement en Amiel une victime de la maladie de l'idéal et lui reproche de n'avoir compris ni la France ni le catholicisme.

 

1890   Tolstoï, Léon, "Introduction" aux Fragments du Journal d'Amiel, traduction russe de Marie Lvovna Tolstoï.

L'admiration de Tolstoï influença l'éditeur du Journal intégral. Voir Historique de l'édition intégrale.

 

1907   Insua, Alberto, Don Quijote en los Alpes, Madrid.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938.

 

   "       Monteil, Gaston, La Religion d'Amiel, ­«­ Autour du problème religieux », Paris, Dujarric, 12,5 x 19, pp. 51.

                                   [connaître la position de G.M., catholique? avant de commenter; pp. 20-40 : la thèse. Cite William James.]

 

1908   Marchessi, Il pensiero, Milan, Hœpeli.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938.

 

1918   Bouvier, Bernard, "Roulez, tambours!...", Noël Suisse.

                                   Conférence prononcée durant la Première guerre mondiale en Suisse, en France et en Belgique, elle a été reproduite, pour l'essentiel, en annexe du troisième tome de l'éd. intégr (voir infra, 1979).

 

1919   Albert, Salvador, Amiel, Barcelone, La Revista, 1919.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité.

 

   "       Mauriac, François, "Le préau calviniste de Henri Frédéric Amiel", in De quelques cœurs inquiets, petits essais de psychologie religieuse", ­«­ Essais et Nouvelles », Paris, Société littéraire de France, 16,5 x 12,5, pp. 65-77.

                                   « Comme il nous fait sentir la grâce d'être né dans l'Eglise! (...) On ne fait point douter de la résurrection ceux qui ont bu et mangé avec le Christ ressuscité ­».

              

1922   Bouvier, Bernard, "Introduction" aux Fragments d’un Journal intime, édition nouvelle conforme au texte original augmentée de fragments inédits, « Collection helvétique », Genève, Georg, pp. I-LVI.

                                   La notice de B.B comporte huit parties, sans titres : I. (l’héritier du manuscrit) ; II. (le Journal avant le Journal régulier) ; III. (contenu du Journal intime) ; IV. (volontés d’Amiel sur le sort de son Journal après sa mort) ; V. (la volonté éditoriale de Fanny Mercier ; elle obtient de Scherer l’étude philosophique et morale qui ouvre le premier volume de l’édition de 1882) ; VI. (critique de l’édition de 1882) ; VII. (principes qui ont guidé B.B dans l’édition qu’il présente) ; VIII. (fonctions du Journal).

                                   B.B. rend hommage à la force de volonté de Fanny Mercier, sans qui l’édition du Journal n’eût pas vu le jour. Mais non sans ambiguïté : l’édition de 1922 étant une critique de la précédente. Déjà le sous-titre le laisse paraître : « édition nouvelle conforme au texte original". Une expression sybilline (voir I.) laisserait entendre que B.B., du vivant de F.M., n’ait pas eu accès au Journal : « Légataire du manuscrit, elle voulut m’en faire l’héritier après elle. De cette responsabilité, qui me semblait redoutable, je n’ai voulu accepter que l’obligation morale d’apprendre à mieux connaître le Journal intime une fois libéré de sa captivité, pour le faire mieux connaître à mon tour. »

 

   "       Du Bos, Charles, "Amiel", in Approximations, [sept tomes, parus de 1922 à 1937], août 1921, (réédition Paris, Editions des Syrtes, 2000, 14 x 22, pp. 123-146.]

                                   Principaux sujets abordés : la valeur d'Amiel; son esprit de métamorphose; sa vocation de critique littéraire; son style; pensée nue et liberté. [Est-ce à propos de ces pages que Gide félicita Du Bos?]

 

1923   Maurer, Marianne, "Introduction" à Henri-Frédéric Amiel, fragments choisis, Lausanne-Genève.

 

<![if !supportLists]>1924       <![endif]>Piachaud, René-Louis, Le Salève, « Le Trésor de l’Alpiniste », Genève, Editions Ciana, préface de M. Planta Joerimann, Président du Club Alpin Suisse, section genevoise, nombreuses illustrations, 16,5 x 23,5, pp. 190.

                                   Lieu de promenade, de vacances, de refuge, la barre du Salève, omniprésente, vue, regardée ou contemplée tous les jours par Amiel, lui offre la vision, depuis Genève la mal aimée, d’un ailleurs où il pourrait s’évader. Piachaud, avec sensibilité et justesse, évoque Amiel à Mornex.

 

1925   Bopp, Léon, H.F. Amiel, Essai sur sa pensée et son caractère d'après des documents inédits, ­«­ Bibliothèque de philosophie contemporaine », Alcan, thèse Paris, (1931, nouvelle édition, 13 x 21, pp. XIX-375).

                                   L'ouvrage de L.B. est divisé en cinq chapitres : I. Les religions d'Amiel (christianisme, panthéisme, impressionnisme religieux), II. Les morales (morale du devoir actif, morale de la résignation, impressionnisme moral), III. Les conceptions de la connaissance (la connaissance scientifique, la synthèse philosophique universelle, la connaissance de soi-même), IV. Les formes de l'activité littéraire (la critique, la poésie, le journal intime), V. Désaccord avec le monde extérieur et dissolution du moi (le citoyen et le professeur, l'ami, le rêveur). Il est complété par une bibliographie importante.

                                   Etude majeure de la pensée d'Amiel, entreprise à une époque encore intellectuellement proche d'Amiel, elle a été réalisée au moyen de matériaux inédits, puisés dans le Journal manuscrit mais aussi dans la correspondance, les cours qu'il a suivis à Berlin, ceux qu'il a donnés à Genève, jusqu'aux annotations marginales d'opuscules divers. Léon Bopp, de plus, a recueilli, notamment auprès de Bernard Bouvier, la tradition orale de la génération à laquelle appartenait Amiel.

 

   "        Carmagnola-Richard, J., Berthe Vadier et une correspondance inédite de H.-F. Amiel, Genève, Robert, 1925, 12 x 19, pp. 411.

                             C.-R. a réuni une centaine de lettres, cartes et billets d’Amiel adressés à Berthe Vadier. La préface nous apprend que l’exécuteur testamentaire de B.V. fut le pasteur Armand Carmagnola. La correspondance originale se trouverait-elle encore en possession de cette famille ? Le patronyme n’apparaît pas dans le Journal, sauf en note (vol. X), où un passage d’une lettre d’Amiel, mais provenant de l’ouvrage dont question ici, est cité.

 

   "       Seillière, Ernest, "Formation chrétienne et constatations naturistes. — Henri-Frédéric Amiel", in Christianisme et Romantisme, Alexandre Vinet, historien de la pensée française, ­«­ Bibliothèque historique », Payot, 13 x 21, pp. 173-212.

                                   L'appendice à l'ouvrage sur Vinet est divisé en cinq parties : Amiel et 1) le christianisme, 2) les disciplines chrétiennes de la volonté, 3) la gloire, 4) la démocratie, 5) les étapes du Naturisme moderne.

                                   Le critique du mysticisme romantique brosse quelques rapides mais claires analyses d'Amiel, notamment à propos de l'évolution de sa pensée et de son sentiment religieux.

 

   " Traz, Robert de, Essais et analyses (Vauvenargue, Stendhal, Constant, Amiel, etc.), Paris.

Signalé, comme excellent, par Ursula Schöni 1972; voir note p. 72.

 

1926   Thibaudet, Albert, "Amis et ennemis d'Amiel", 1er juillet (voir Thibaudet 1940).

 

1927   Jaloux, Edmond, "Introduction" à Amiel, Philine, pages du Journal intime, Schiffrin, 1927 (rééd. « Poche Suisse » L’Age d’Homme, 1985), ¼ x ¼, pp. ¼

                                   Bernard Bouvier, Charles Du Bos et Edmond Jaloux ont voulu donner non seulement un choix de fragments du journal qui concernent la liaison d’Amiel et de Marie Favre, mais aussi reproduire le texte complet des notes de la journée. On pourrait leur reprocher de ne pas avoir signalé la masse énorme des textes écartés (deux citations seulement pour l’année 1866, aucune pour 1867), d’avoir pris quelques libertés chronologiques et pratiqué, au moins une fois, une coupure de bienséance (30.9.1860). Il est étonnant, pour un lecteur de l’édition intégrale, de constater que Bernard Bouvier a pu confondre Marie Favre et Sophie Cossy et attribuer à la première les réflexions qu’Amiel se faisait au sujet de celle qu’il surnommait Hygie (21.9.1861).

                                   L’introduction contient quelques lettres inédites de Marie Favre.

 

   "       Henriot, Emile, Article dans le Temps du 25 janvier 1927.

                                   E.H. exprime dans son article (signalé par René de Weck 1931) l'écœurement que lui inspire la lecture de Philine.

 

   "       Luz León (de la), J., Amiel ou l'incapacité d'aimer, prologue de Salvador de Madariaga, Biblioteca nueva.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938

 

   "       Médioni, Essai sur le caractère d'Amiel à la faveur des conceptions psychopathologiques contemporaines, Paris, Arnette.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938.

 

   "       Thibaudet, Albert, "Journaux intimes", 1er avril (voir Thibaudet, 1940).

 

1928   Thibaudet, Albert, Intérieurs (Baudelaire, Fromentin, Amiel), Paris.

 

1929   Thibaudet, Albert, Amiel ou la part du rêve, ­«­ Le passé vivant », Hachette, 12 x 18,5, 8-244.

                                   L'un des premiers critiques du siècle, porté davantage à comprendre qu'à juger, nous donne ces réflexions biographiques  après avoir recueilli à Genève la tradition orale encore vivante au temps où il y enseigna.

 

   "      "Histoire d'Amiel", Revue de Paris, 3, pp. 886-918; 4, pp. 78-119; 406-427.

 

1930   Bouvier, Bernard, "Amiel et le ­«­ Faust » de Goethe", Mélanges d'histoire littéraire générale et comparée offerts à Fernand Baldensperger, t. Ier, Champion, 16 x 24, pp. 70-85.

                                   B.B. décrit l'itinéraire d'Amiel, allant de la fascination horrifiée au jugement moral, confronté toute sa vie à ce symbole de la passion inassouvie et des tourments incessants de l'âme.

 

   "       Rodo, Motivos de Proteo, Bruxelles.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938.

 

1931   Weck, René de, "Amiel ou la noix creuse", Les Cahiers romands, 2ème série, 2, Payot, 14 x 19, pp. 84.

                                   René de Weck, Fribourgeois et catholique, tient la chronique de la Suisse romande au Mercure de France, que pensez-vous qu'il arriva à Amiel, Genevois et protestant? R. de W. rassemble dans ce cahier ses chroniques polémiques consacrées à Amiel et aux ouvrages de Léon Bopp, Bernard Bouvier et Albert Thibaudet. On ne se méfie pas assez des diaristes : pendant qu'il exécutait Amiel, Léautaud, dans son journal, épinglait René de Weck...

 

1932   Bouvier, Bernard, "Introduction et notices préliminaires" aux Essais critiques d’Henri-Frédéric Amiel, « Lettres, Mémoires, Chroniques », Stock, 1932, 13 x 19, pp. XXXVIII.

                                   Tout le monde s’accorde, l’intéressé en premier lieu, pour reconnaître à Amiel un talent de critique ; B.B. analyse ce talent, en rapport ou en opposition avec le Journal, et rassemble quelques textes qui resteraient, sans cela, pratiquement introuvables.

 

   "       Calderon, Garcia, "Visite à Henri-Frédéric Amiel", La Prensa, (Buenos-Aires), 20 novembre.

                                   Signalé par Grégorio Marañon dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938.

 

   "       Cardona (de), Maria, "Fanny Mercier", conférence donnée à l'Institut français de Madrid.

                                   Grégorio Marañon, dans Amiel, une étude sur la timidité, 1938, signale (p. 137) ce portrait "généreux et romantique", brossé par la conférencière, qui connut personnellement Fanny Mercier. Ce témoignage sur celle sans qui le Journal n'aurait jamais été édité pourra-t-il être retrouvé?

 

1935   Bouvier, Bernard, "Préface" à La Jeunesse d’Henri-Frédéric Amiel, Lettres à sa famille, ses amis, ses amies, pour servir d’introduction au Journal intime (1837-1849), « Lettres, Mémoires, Chroniques », Stock, 1935, 13 x 19, pp. 11-80.

                                   Amiel est un diariste tardif : à 26 ans, son journal compte moins de 200 pages. Son abondante correspondance de jeunesse permet de suivre Amiel avant la tenue régulière de son journal. B.B. éclaire certaines figures familiales et amicales.

 

1938   Marañon, Grégorio, Amiel, une étude sur la timidité, traduit de l'espagnol par Louis Parrot, ­« NRF ­», Gallimard, 3ème édition (1ère éd. fr. 1934?, 1ère éd. esp. 1932, Amiel, un estudio sobre la timidez), 12 x 19, pp. 11-225.

                                   Marañon a recueilli auprès de Bernard Bouvier la tradition orale de la génération qui a connu Amiel à la fin de sa vie. Important à ce titre, l'ouvrage est cependant délicat à utiliser, tant les erreurs de chronologie, les confusions entre les amies d'Amiel abondent, laissant perplexe le lecteur disposant actuellement de l'éd. intégr. Comment Bernard Bouvier a-t-il pu laisser passer la confusion entre Fanny Mercier et Marie Favre (p. 140), l'affirmation selon laquelle les lettres d'Amiel à Louise Wyder n'étaient pas en sa possession, le récit, faux à force d'à peu près, de la liaison entre Egérie (Louise Wyder) et Amiel?

                                   L'étude de G.M. permet, par ailleurs, de mesurer la réception du Journal intime dans le milieu littéraire espagnol.

 

1940   Thibaudet, Albert, "Amis et ennemis d'Amiel", in Réflexions sur la littérature II, « NRF », Gallimard, 1940 (1ère publ. 1.7.1926), 14 x 21, pp. 36-40.

 

   "      "Journaux intimes", in Réflexions sur la littérature II, « NRF », Gallimard, 1940 (1ère publ. 1.4.1927), 14 x 21, pp. 71-78.

 

 

1941   Poulet, Robert, "Navigation circumpolaire; Bernard Bouvier : ­«­ La Jeunesse d'Henri-Frédéric Amiel » (Stock) [...]", le Nouveau Journal, 24 juillet.

                                   A l'occasion d'un nouveau tirage de l'ouvrage de Bernard Bouvier, R.P. se sert d'un protestant pour en frapper un autre : il soupçonne Amiel, ce "parangon de la B.S.P. (bonne société protestante)", d'être bien près des débordements extravagants de l'auteur de l'Immoraliste...

 

1942   Baridon, Silvio, Marc Monnier e l'Italia, Turin.

                                   Une biographie de l'ami devenu concurrent d'Amiel. Signalé par Luc Weibel dans Les Petits frères d'Amiel.

 

1946   Du Bos, Charles, Journal 1921-1923, Corrêa, 14,5 x 19, pp. 412.

                                   Contient les passages repris Approximations (1922) ainsi que des commentaires. Index.

 

1948   Bopp, Léon, « Introduction », au premier tome de l’édition du Journal intime, années 1939 à 1848, d’Amiel, Genève, Cailler, 13 x 20, pp. 11-31.

                                   L.B. considérait son édition comme complète « puisque seules les pages du Journal dénuées d’intérêt, de valeur, ont été éliminées ». Les notes de lecture, l’emploi du temps, les « doléances », ne figurent pas dans cette édition. L’annotation de L.B. mentionne surtout les passages écartés.

 

1953   Bopp, Léon, « Avertissement », au deuxième tome de l’édition du Journal intime, année 1849, d’Amiel, Genève, Cailler, 13 x 20, pp. 9-10.

                                   Critiqué pour les coupures pratiquées dans le premier tome, L.B. répond en donnant un résumé plus complet des passages non publiés. A la lecture de la note suivante, on mesurera l’impasse dans laquelle il s’est fourvoyé : « Lettres écrites, lectures des Provinciales, promenade avec la jeune artiste-peintre poitrinaire. Amiel émet quelques réflexions sur le triste sort des femmes artistes qui ne vivent point dans leur famille. « Elles ne sont heureuses, dit-il, que si elles ont peu de coeur, ou si l’art leur cache la solitude¼ » (Tel est le contenu d’une page supprimée au début de ce fragment.)

 

1954   Bopp, Léon, "Amiel et les femmes", la Nouvelle Revue Française, mai, pp. 947-960.

                                   Bonnes feuilles de l'ouvrage qui allait paraître à l'automne, L.B. utilise un manuscrit - hors journal intime - de 400 pages, regroupant les délibérations qu'Amiel a tenues, plume en main, au long de vingt années, sur un éventuel mariage. L.B. brosse une petite scène de comédie en citant et commentant les questions qu'Amiel se pose au sujet des jeunes épouses possibles. L.B. réduit à de bien pâles marionnettes les jeunes femmes dont le Journal restitue de manière vivante leur individualité, leurs problèmes et leur destin.

 

               Délibérations sur les femmes par Henri Frédéric Amiel, Stock, 1954, 14 x 19, pp. 145.

                                   Contrairement à ce que mentionne la page de titre, l'ouvrage n'est pas d'Amiel mais de L.B. : le commentaire l'emporte sur les citations. En ne mettant pas en rapport ces matériaux autobiographiques et le journal intime, alors qu'il en était l'éditeur à cette époque, L.B. peut être taxé de superficialité. Les seuls passages du journal intime qu'il nous offre sont ceux recopiés par Amiel lui-même et leur interruption ex abrupto aurait pu être complétée facilement.

 

1957   Folman, Michel (Dr), "Henri-Frédéric Amiel", in Les Impuissants de Génie, «­ Médecine et Littérature », Paris, Nouvelles Editions Debresse, ­11 x 17,5, pp. 21-25.

                                   Sans valeur.

 

1958   Bopp, Léon, "Avertissement" au troisième tome de l’édition du Journal intime d’Amiel, Genève, Cailler.

                                   Troisième et dernier volume d’une édition qui devait en compter une trentaine.

 

               « Introduction » au Journal intime de l’année 1866, texte intégral, « NRF », Gallimard, 1959, 15 x 23, pp. 8-30.

                                   Cette introduction contient sur les origines de Marie Favre (Philine) les renseignements les plus précis que nous ayons à ce jour.

 

1961   Poulet, Georges, "Amiel", in Les Métamorphoses du cercle, Plon, (rééd. « Champs, Idées et Recherches », Flammarion, 1979, pp. 327-383).

                                   Dédiée à Maurice Blanchot, cette étude, la plus approfondie de la pensée d'Amiel faite par G. Poulet, avec sa préface à l'éd. intégr. (1976), a été entreprise après consultation du manuscrit du Journal, dont il cite de nombreux passages jusqu'alors inédits. Elle est divisée en dix parties, sans titres; elles se rapportent à : `[à compléter]

 

   "      "La rêverie tournoyante d'Amiel", Temps modernes, 17, n° 183, 1961, pp. 1-15.

 

1963   Halda, Bernard, Amiel et les femmes, ­«­ Singuliers et mal connus », Lyon, Emmanuel Vitte, 11,5 x 18,5, pp. 157.

                                   Constamment négatif, effleurant le sujet annoncé tout en restant bien en-deçà des informations apportées par Grégorio Marañon près de 30 ans plus tôt, B.H., comme l'indique le titre de la collection dans laquelle paraît son éreintement, laisse Amiel "singulier et mal connu".

 

1965   Poulet, Georges, "Introduction" au Journal intime, L’année 1857, « Bibliothèque 10/18 », Union générale d’Editions, 11 x 18, pp. XVI.

                                   Les dernières lignes de l’introduction donnent l’une des causes de la fascination de G.P. pour Amiel : « Jamais, en aucune langue, en aucun texte, n’a paru si audible l’activité originelle et finale de la conscience humaine qui consiste à se penser, et encore, et toujours, à se penser ».

                                   Si G.P. a choisi de publier, en omettant les listes de lecture et les relations avec la famille, le journal de l’année 1857, c’est parce que « pareille à toutes les autres [¼] il ne s’y passe rien ». L’éd. intégr. permet, actuellement, de caractériser la vie d’Amiel par périodes et années. Celle choisie par G.P. se distingue par un effondrement moral dû à la rupture de ses relations avec Louise Wyder et aux conséquences, plus lointaines, de la crise avec sa soeur Laure. Cette période de marasme se répercute directement dans le volume du journal : alors que les années précédentes, le